Houston on a un problème: Sourde d’oreille

Chronique psychoéducative

 

 

 

 

 

Stéphanie Bolduc, psychoéducatrice

 

Houston! On a un problème! J’ai l’impression d’avoir perdu le réseau avec mon enfant !

Je suis à bout de souffleque m’arrive-t-il ? À la rescousse de mes sens…

 

Sourde oreille : Chuchoter, parler, crier, beugler!!! Entendez-vous

 

Il fait la sourde oreille ou le message ne se rend pas? Ça pas d’allure ce qu’il vient de faire ! Pourtant! Il le sait! Ce n’est pas compliqué rester assis! Etc …

Il y a des moments dans la vie que l’on a vraiment l’impression d’avoir perdu la connexion réseau avec notre enfant surtout quand peu importe que l’on chuchote, que l’on parle, que l’on crie et même que l’on beugle,  il n’y a pas la réaction espérée!

Pensons à des situations où on entend un parent s’époumoner en criant à son enfant «d’arrrrrrrrrrrrrrrrrrêter de crier!». Invraisemblable me direz-vous! Et bien bien oui! Cette situation est à risque d’arriver lorsque nous sommes parents. Rassurez-vous, ça nous est pratiquement tous arrivé de perdre patience et de nous sentir démunis face à une situation. Que faire alors?

 

Reconnaître que ça peut arriver

Et vous, quand vous haussez le ton au point de crier ou même de hurler… est-ce parce que vous croyez que … c’est parce qu’il fait la sourde oreille ou si c’est tout simplement parce qu’il ne comprend pas? Pensons-y un instant… est-ce que le message va mieux se rendre? Être plus entendu? Ou encore mieux compris? Évidemment on sait bien que non!

Parfois, on a l’impression que  nos enfants ont un don pour faire sortir le meilleur de nous-mêmes, mais également pour aller chercher notre côté exaspéré! Il faut avouer que ce n’est pas toujours évident de savoir comment réagir lorsqu’un enfant réussit à nous mettre hors de nous. Généralement, ce sont dans ces moments que l’on perd patience et que le ton risque de monter et que nos paroles dépassent notre pensée. Ils nous font littéralement sortir de nos gonds!

Généralement, ce qui peut nous rendre irascibles à ce point et qui risque de nous faire perdre le contrôle vient d’un cumulatif d’irritants, de l’impression d’être devenu un perroquet en ne cessant de répéter la même chose, suite à des demandes incessantes, à des négociations sans fin, des actions aberrantes, des propos déplacés, etc.  Et habituellement lorsque ce n’est pas le bon moment en plus! Maintenant que l’on en est conscient … que fait-on?

 

Seuil de tolérance 

Bien connaître notre seuil de tolérance nous aidera à mieux gérer nos interventions et notre communication avec l’enfant. Puisque le seuil de tolérance est spécifique à chacun, il faut savoir reconnaître nos propres limites afin de pouvoir les exprimer à notre enfant. Bien des facteurs peuvent influencer notre seuil de tolérance :

  • Situation conjugale et/ou familiale
  • Rythme de vie
  • Fatigue
  • Stress
  • Situation financière
  • Condition de santé
  • Sommeil
  • Etc.

Notre patience est alors affectée et nos réactions peuvent devenir disproportionnées face au moindre obstacle ou irritant. C’est pareil pour notre enfant. On doit garder en tête que lorsque nous sommes rendus à crier sur une personne pour se faire entendre et bien c’est le signe que nous sommes en train de perdre le contrôle.

 

S’exprimer peut prévenir l’escalade

Quelques fois, on s’imagine à tort que l’autre personne connaît d’emblée nos besoins ou notre état d’âme. Ça nous semble évident! Dans bien des cas, et bien souvent, on oublie que l’autre ne peut pas deviner notre irritation ou ce à quoi on s’attend si on ne l’exprime pas. Adopter un ton neutre et calme permettra de bien exprimer nos attentes. On peut dire à notre enfant par exemple comment nous nous sentons : si une journée nous sommes malades, on peut lui exprimer et solliciter sa collaboration.

Si l’enfant a tendance à réagir en criant, il est inutile de lui répliquer en criant. Il faut trouver une autre façon de lui parler tout en gardant notre contrôle. Parfois en baissant notre timbre de voix ou tout simplement en chuchotant, il est possible d’éviter l’escalade. Il faut garder en tête que nous sommes un modèle pour l’enfant et qu’il est en apprentissage. S’exprimer pour lui peut être difficile et c’est à nous de lui montrer des moyens pour qu’il le fasse adéquatement. Donc, crier après l’enfant pour qu’il obtempère et bien c’est lui apprendre à crier pour qu’il  obtienne ce qu’il veut. Toutefois, lui montrer quels sont les meilleurs attitudes/comportements à adopter face aux diverses situations du quotidien vont l’aider. Si l’on reprend l’exemple d’un enfant qui tend à crier pour se faire comprendre, dites-lui vos attentes :

  • «si tu veux me demander quelque chose dit le moi en parlant. Je ne comprends pas lorsque tu cries après moi».
  • «Je comprends que tu es fâché toutefois, je n’accepte pas que tu cries après moi»

Ou inversement,  si c’est nous qui avons tendance à crier on peut lui partager :

  • « j’aime que tu m’écoutes lorsque je te parle doucement, je n’aime pas devoir parler fort pour que tu m’écoutes»
  • «j’apprécie lorsque tu collabores dès ma première demande»

Sachez que nous pouvons être fermes ou hausser notre ton de voix sans avoir besoin de crier pour imposer une discipline efficace. Nous devons simplement apprendre à agir face au comportement plutôt que d’y réagir.

 

En cas de débordement, prendre le temps de faire un retour avec l’enfant en lui expliquant que ce n’est pas la bonne réaction que nous avons eu et que cela arrive aussi de se tromper même chez une grande personne. On peut lui expliquer ce qui a mené à cette escalade afin qu’il apprenne à reconnaître les signes de nos limites.

 

Entendez-vous – Garder le contrôle

Bien que nous puissions être en colère ou encore que nous nous sentions démunis face à une situation. On se doit de garder notre contrôle tout en transmettant adéquatement notre message. Avant de se mettre à crier pour obtenir ou faire cesser un comportement chez l’enfant, arrêtons-nous. Ce n’est pas toujours facile, je vous l’accorde! Au besoin, prendre de grandes respirations. Exprimons-nous! Si certains comportements en particulier nous irritent, il est préférable de le dire de façon adéquate avant de perdre le contrôle.

 

Retenez que c’est en chuchotant que l’on s’apaise, que c’est en se parlant que l’on se comprend, que c’est en criant que l’on se méprend et que c’est en beuglant que l’on crée le néant.  

 

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